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E-reporting : ce que tu transmets sur tes clients particuliers, et à quel rythme

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Sophie est peintre en bâtiment, en micro-entreprise, en franchise en base de TVA. En janvier et février, elle a facturé quatre chantiers chez des particuliers : 1 800 €, 2 400 €, 950 € et 3 100 €, soit 8 250 € au total. Elle a lu partout « facture électronique obligatoire en 2027 » et se demande si elle doit désormais envoyer un fichier à chacun de ces clients. Réponse : non. Mais ces 8 250 € ne passeront pas inaperçus pour autant.

La réponse courte

Tes factures aux particuliers ne passent pas en facture électronique, mais leurs montants sont transmis à l'administration : c'est le e-reporting. Tu continues d'envoyer ton PDF à Mme Dupont. Ta plateforme agréée transmet, à l'échéance de ton régime de TVA, un montant total des opérations par jour et, pour les prestations de services, tes encaissements.

Cela vaut franchise en base comprise (une transmission tous les deux mois), à partir du 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entreprises.

Sources : FAQ de la DGFiP sur la facturation électronique (impots.gouv.fr) (version du 01/09/2026, questions 3.3 et 4.1), articles 290 et 290 A du code général des impôts. Vérifié le 21 octobre 2026.

Facture électronique particulier : pourquoi elle n'existe pas

La facture électronique de la réforme, celle qui circule par une plateforme agréée, ne concerne que les opérations entre deux assujettis à la TVA établis en France. Un particulier n'est pas assujetti : il n'a pas d'adresse dans l'annuaire des entreprises, pas de plateforme de réception, et n'est pas tenu d'en avoir une.

Pour la DGFiP, la règle tient en une ligne : si l'opération est réalisée avec un particulier, elle entre dans le champ du e-reporting, pas dans celui de la facturation électronique. Une association non assujettie à la TVA est traitée comme un particulier : tu fais du e-reporting, elle n'a aucune démarche.

Concrètement, ta facture de salle de bains ou de ravalement chez un particulier ne change ni de forme, ni de circuit, ni de mentions : le détail des échéances est dans notre guide de la facturation électronique pour artisan et sur la page facturation électronique artisan.

Facturation électronique artisan particuliers : le tableau client pro, client particulier

Client professionnel (assujetti à la TVA)Client particulier (ou association non assujettie)
Ta facturefacture électronique structurée, par une plateforme agrééePDF ou papier, comme aujourd'hui
Dateémission au 1er septembre 2027 pour toi (TPE, PME, micro)aucune obligation de format
Ce que ton client reçoitla facture, dans sa plateforme de réceptionta facture, en main propre ou par mail
Ce que l'administration reçoitles données de la facture, par ta plateformeun total par jour de tes opérations (e-reporting de transaction)
Paiementdonnées de paiement pour les prestations de servicesidem : tes encaissements sur les prestations de services
Date du e-reporting1er septembre 20271er septembre 2027

À retenir : pour un client pro, chaque facture voyage. Pour un client particulier, c'est un total qui voyage, et le client ne voit rien passer.

Ce que tu transmets exactement

Deux familles de données, toutes deux envoyées par ta plateforme agréée.

Les données de transaction. Pour les opérations avec un particulier, la DGFiP attend le montant total des opérations réalisées par jour, sur la période prévue pour ton régime. Pas facture par facture : un total journalier.

Les données de paiement. Elles concernent uniquement les prestations de services, qu'elles aient donné lieu à facture ou non. Pour un artisan qui pose, répare, rénove, c'est l'essentiel de son activité. L'administration veut savoir quand l'argent est réellement entré, parce que la TVA sur une prestation est en principe due à l'encaissement. Les données de paiement ne sont pas attendues si tu as opté pour le paiement de la TVA d'après les débits.

Reprenons Sophie. Sur janvier et février, elle transmettra, jour par jour, le total de ce qu'elle a facturé aux particuliers (ses 8 250 € répartis sur les dates de ses opérations), puis les encaissements correspondants, au fil de leur entrée. Elle ne tape rien : les données sortent de ses factures et de ses règlements.

Le rythme : e-reporting auto-entrepreneur, réel normal, franchise en base

La fréquence dépend de ton régime de TVA. Voici les repères que la DGFiP donne dans sa FAQ.

Ton régimeDonnées de transactionDonnées de paiement
Franchise en base (micro, art. 293 B)tous les deux mois (bimestre civil)tous les deux mois
Réel normal mensueltrois fois par moisune fois par mois
Autres régimes (simplifié, réel normal trimestriel)selon l'échéancier officiel de la DGFiPidem

Les délais précis de chaque période (« avant le 10 », « entre le 25 et le 30 ») sont publiés par l'administration dans un tableau annexe à la FAQ, que ta plateforme applique pour toi. L'important : c'est une tâche récurrente, automatisable, pas un geste à faire à chaque chantier.

E-reporting auto-entrepreneur : la franchise en base ne te dispense de rien

C'est l'idée fausse la plus répandue : « Je ne facture pas de TVA, donc je ne suis pas concerné. » La DGFiP prend précisément l'exemple de l'entreprise en franchise en base pour donner son rythme (tous les deux mois). Tu restes assujetti, ton chiffre d'affaires avec les particuliers est donc dans le champ. Pour le calendrier et les seuils de franchise, notre article sur la mention TVA non applicable, article 293 B et celui sur l'auto-entrepreneur du bâtiment et la TVA posent le cadre.

Via quelle plateforme, et ce que tu dois faire

Les données ne partent pas de chez toi vers l'administration : elles passent par une plateforme agréée. Ce sera celle de ton logiciel de facturation, ou une autre. Pour l'émission et le e-reporting, tu peux en utiliser plusieurs, rien n'est déclaré à l'annuaire ; pour la réception des factures de tes fournisseurs, c'est une seule inscription, déjà exigée depuis le 1er septembre 2026. Notre article sur la plateforme agréée explique comment la reconnaître et la choisir.

Ta check-list, dans l'ordre :

  1. Vérifie que ton logiciel gère le e-reporting, pas seulement la facture électronique. Si tes clients sont surtout des particuliers, c'est la moitié de ton obligation.
  2. Garde tes encaissements à jour : une prestation payée en espèces ou par virement doit apparaître dans ton outil, car les données de paiement s'en nourrissent.
  3. Connais ton régime de TVA : il fixe ta fréquence.
  4. Ne ressaisis rien : si tu dois recopier tes factures à la main pour alimenter une plateforme, c'est le signe d'un mauvais outil.

Et si je rate une transmission ?

Les sanctions existent, avec un régime à part pour le e-reporting. Elles sont détaillées, avec les montants vérifiés, dans notre article sanctions de la facturation électronique.

Questions fréquentes

Est-ce qu'un auto-entrepreneur sans TVA doit effectuer un e-reporting ?

Oui, à partir du 1er septembre 2027. La franchise en base de TVA ne sort pas du dispositif : la DGFiP prévoit que l'entreprise en franchise transmet ses données tous les deux mois. Pour un artisan en micro-entreprise, cela concerne ses ventes et prestations aux particuliers, via une plateforme agréée, sans aucune facture électronique à envoyer à ces clients.

Une facture électronique est-elle obligatoire pour un client particulier ?

Non. La facture électronique ne concerne que les opérations entre deux entreprises assujetties à la TVA établies en France. Pour un client particulier, tu envoies ta facture comme aujourd'hui, en PDF ou sur papier. Ce qui change, c'est le e-reporting : le montant total de tes opérations avec les particuliers est transmis à l'administration à l'échéance de ton régime de TVA.

Qui est concerné par le e-reporting ?

Toute entreprise assujettie à la TVA établie en France qui vend ou réalise des prestations à des particuliers (ou à des clients non assujettis), ainsi que pour certaines opérations internationales. Les grandes entreprises et les ETI sont concernées depuis le 1er septembre 2026. Les TPE, PME et micro-entreprises, donc la quasi-totalité des artisans, le sont au 1er septembre 2027.

À quel rythme transmettre les données de e-reporting ?

Selon ton régime de TVA. La DGFiP donne deux repères : en franchise en base, une transmission tous les deux mois ; au réel normal mensuel, trois fois par mois pour les données de transaction et une fois par mois pour les paiements. Les autres régimes ont leur échéancier officiel. Ta plateforme agréée envoie les données.

Dois-je envoyer le détail de chaque facture à mes clients particuliers ?

Non. Pour les opérations avec un particulier, la DGFiP attend le montant total des opérations réalisées par jour sur la période, pas une transmission facture par facture. Pour les prestations de services, s'y ajoutent les données de paiement, c'est-à-dire ce que tu as réellement encaissé. Ta facture, elle, reste entre toi et ton client.