· 9 min de lecture

Relancer un devis sans réponse : le calendrier et les messages prêts à copier

Lundi, tu as envoyé un devis de salle de bain à 9 240 € TTC. Pendant la visite, la cliente avait l'air décidée. Jeudi : rien. Dix jours plus tard : toujours rien. Tu hésites. Relancer, c'est passer pour un vendeur de cuisines. Ne rien dire, c'est laisser le chantier à celui qui rappellera. Il existe une troisième voie : trois relances à dates fixées d'avance, avec à chaque fois quelque chose de neuf à dire.

La réponse courte

Un devis sans réponse n'est pas un refus : relance-le trois fois, à dates fixes. À J+3, vérifie que le client l'a bien reçu et propose de répondre à ses questions. À J+10, relance avec une question précise ou une option (variante, échéancier d'acompte, date de chantier). 7 jours avant l'expiration du devis, rappelle la date limite.

Sans réponse à l'expiration, clos poliment. L'offre est alors caduque (article 1117 du code civil) : si le client revient plus tard, tu repars sur un devis à jour, à ton prix du moment.

Sources : article 1117 du code civil. Vérifié sur Légifrance le 7 octobre 2026.

Pourquoi un silence n'est pas un refus

Le client qui a dit non te le dit, en général. Celui qui se tait est dans l'une de ces situations :

  • Il n'a pas vu le devis. Mail parti dans les indésirables, PDF ouvert sur le téléphone puis oublié.
  • Il attend les autres devis. Il a consulté deux ou trois artisans et compare quand tout est arrivé.
  • Il bloque sur une ligne. Un poste qu'il ne comprend pas, un montant qui le surprend, et il n'ose pas demander.
  • Il attend quelqu'un. Le conjoint, la banque, le syndic, une aide à confirmer.
  • Le projet a glissé. Pas annulé, juste repoussé derrière autre chose.

Dans les quatre premiers cas, une relance bien faite aide le client à décider. Dans le dernier, elle te dit où tu en es, au lieu de garder un chantier fantôme dans ton planning.

Le calendrier de relance en 3 temps

Tout part de la date d'envoi et de la date de validité écrite sur le devis. Exemple : devis envoyé le lundi 5 octobre 2026, valable 30 jours, soit jusqu'au mercredi 4 novembre.

QuandDate (exemple)ObjectifCanal conseillé
J+3jeudi 8 octobreVérifier la réception, ouvrir la porte aux questionsSMS
J+10jeudi 15 octobrePoser une question précise ou proposer une optionMail
7 jours avant l'expirationmercredi 28 octobreRappeler la date limiteAppel, puis SMS
Lendemain de l'expirationjeudi 5 novembreClore polimentMail ou SMS

Pourquoi ces dates ? À J+3, le client a eu le temps de lire, mais pas encore d'oublier. À J+10, les devis concurrents sont arrivés : c'est le moment où il compare. À J-7, tu as une raison factuelle de rappeler, la date imprimée sur ton propre devis. Si ta durée de validité est plus courte ou plus longue, garde J+3 et J-7, et place la relance du milieu à mi-parcours (avec 15 jours de validité, J+10 tombe après J-7 : fusionne les deux). Le choix de la durée elle-même est détaillé dans notre article sur la durée de validité d'un devis.

Les messages prêts à copier

Même exemple : Mme Roussel, salle de bain, 9 240 € TTC. Adapte les noms, les dates et le montant, garde la structure.

J+3, par SMS : la vérification

Bonjour Mme Roussel, c'est Karim, le plombier passé lundi pour votre salle de bain. Je voulais m'assurer que mon devis vous est bien arrivé (mail du 5 octobre). Si une ligne n'est pas claire, je vous l'explique en deux minutes au téléphone, quand ça vous arrange.

Pas de « alors, vous avez décidé ? ». Tu rends service : tu vérifies et tu proposes ton aide.

J+10, par mail : la question précise ou l'option

Objet : Votre salle de bain - une option si le budget coince

Bonjour Mme Roussel,

Je reviens vers vous au sujet du devis du 5 octobre (9 240 € TTC). Lors de la visite, vous hésitiez sur la douche à l'italienne. Si c'est ce poste qui vous fait réfléchir, je peux vous proposer une variante avec un receveur extra-plat et de la faïence à mi-hauteur : 1 210 € TTC de moins sur le total.

Voulez-vous que je vous l'envoie chiffrée ?

Bonne journée, Karim

Une seule question, fermée, à laquelle on répond par oui ou non. C'est ce qui fait répondre.

7 jours avant l'expiration, par téléphone : le rappel

L'appel passe mieux qu'un écrit à ce stade : le client peut te dire ce qui coince. Ton fil conducteur :

Bonjour Mme Roussel, Karim, pour la salle de bain. Je vous appelle parce que mon devis court jusqu'au 4 novembre, et j'organise mon planning de fin d'année. Est-ce que le projet est toujours d'actualité pour vous ?

Puis tu écoutes. « Oui, mais » : tu traites le « mais ». « On repousse » : tu demandes à quelle échéance. « On a choisi quelqu'un d'autre » : tu remercies, et tu demandes ce qui a fait la différence. Tu tombes sur la messagerie ? Envoie dans la foulée :

Bonjour Mme Roussel, j'ai essayé de vous joindre. Mon devis pour la salle de bain court jusqu'au mercredi 4 novembre. Je peux encore vous réserver la semaine du 23 novembre si vous validez d'ici là. Bonne soirée, Karim

Ce qui débloque une signature

Un client qui hésite n'attend pas qu'on lui répète le prix : il attend une raison de dire oui maintenant. Trois leviers marchent, sans toucher à ta marge.

1. Une variante moins chère, chiffrée. Tu ne baisses pas ton prix : tu changes ce qui est fait. Dans l'exemple (TVA à 10 %, logement de plus de deux ans) :

VersionHTTVA 10 %TTC
Devis initial, douche à l'italienne8 400 €840 €9 240 €
Variante, receveur extra-plat, faïence mi-hauteur7 300 €730 €8 030 €

Écart : 1 210 € TTC. Envoie la variante comme un devis à part, avec sa propre date de validité, et précise que le premier reste valable : la cliente choisit, elle n'a pas l'impression d'avoir négocié une remise.

2. Un échéancier d'acompte. Parfois, ce n'est pas le total qui bloque, c'est la somme à sortir tout de suite. Sur 9 240 € TTC, un acompte de 30 % fait 2 772 €. Propose de le couper en deux : 1 386 € à la signature, 1 386 € à la livraison du matériel, puis 6 468 € de solde à la fin du chantier. Le calculateur d'acompte sort les montants et une formulation à reprendre sur le devis ; les pourcentages selon le chantier sont dans notre guide de l'acompte sur devis.

3. Une date de chantier. « Je peux vous réserver la semaine du 23 novembre » est plus concret que « n'hésitez pas à revenir vers moi ». Une date donne au client une raison de décider maintenant, et à toi une vraie visibilité sur ton planning. Ne la promets que si tu peux la tenir.

Quand arrêter, et comment clore poliment

Arrête de relancer dans trois cas : le client a dit non, il n'a répondu à aucune des trois relances, ou le devis a expiré. Insister au-delà n'apporte rien, et abîme l'image que tu laisses.

Clore ne veut pas dire disparaître. Le lendemain de l'expiration, un dernier message ferme proprement le dossier et laisse la porte ouverte :

Bonjour Mme Roussel, mon devis pour votre salle de bain a expiré hier, je classe donc le dossier de mon côté. Si le projet revient, même dans quelques mois, appelez-moi : je vous referai un devis à jour. Bonne continuation, Karim

Ce message a deux effets. Il libère ton planning de ce chantier incertain, et il réveille parfois le client qui pensait avoir « tout le temps ». S'il revient après l'expiration, tu n'es plus tenu par ton ancien prix : tu le confirmes par écrit ou tu envoies une version actualisée, comme expliqué dans notre article sur la durée de validité.

Tenir un suivi, même minimal

Une relance n'arrive à J+3 que si tu sais, à J+3, quel devis tu as envoyé et à qui. De tête, ça tient pour deux devis. Pas pour quinze. Le minimum :

ClientDevisMontant TTCEnvoyé leValide jusqu'auDernier contactProchaine action
Mme RousselSalle de bain9 240 €05/1004/1115/10, mail option28/10, appel rappel date

La colonne qui compte, c'est la dernière : la prochaine action, avec sa date. Note aussi ce que le client t'a dit (« attend la banque », « hésite sur la douche ») : c'est la matière de ta prochaine relance. Et le suivi commence dès l'envoi, idéalement le jour de la visite : on explique comment dans notre méthode pour faire un devis rapidement.

Les erreurs qui font perdre le chantier

  • Relancer trop tôt. Un « alors ? » le lendemain de l'envoi met la pression avant même que le client ait comparé.
  • Le ton suppliant. « Désolé de vous déranger encore, je me permets de revenir vers vous... » Tu es un professionnel qui propose un service, pas quelqu'un qui demande une faveur.
  • Baisser le prix sans contrepartie. La remise spontanée face au silence dit au client que ton premier prix était gonflé. Change le contenu (variante) ou les modalités (échéancier), pas le prix du même travail.
  • Relancer sans rien de neuf. Trois fois « avez-vous eu le temps de regarder ? », c'est trois messages qu'on ignore.
  • Laisser expirer en silence. Le devis meurt sans que tu saches pourquoi, et tu ne sais pas si tu peux remplir ta semaine.
  • Confondre devis et facture. Ici, rien n'est dû : tu proposes. Une fois les travaux faits et facturés, c'est une autre méthode, plus ferme : notre guide pour relancer une facture impayée.

Savoir qui relancer, sans tableur

Avec Izi-Devis, chaque devis que tu dictes à la voix porte sa date « Valide jusqu'au » (30 jours par défaut, réglable). Le tableau de bord repère les devis sans réponse et te montre, sur ses cartes « qui relancer, quel devis expire », où agir aujourd'hui. Aucune relance ne part automatiquement : c'est toi qui choisis le moment, le ton et le message. Quand le client est prêt, il valide le devis en ligne depuis son téléphone, et la facture d'acompte part en un clic.

Questions fréquentes

Quand relancer un devis resté sans réponse ?

Trois fois, à dates fixes. À J+3 après l’envoi, vérifie que le client a bien reçu le devis et propose de répondre à ses questions. À J+10, relance avec une question précise ou une option concrète. Sept jours avant la date d’expiration du devis, rappelle cette date. Relancer le lendemain de l’envoi est trop tôt : le client n’a pas encore comparé.

Que mettre dans un message de relance de devis ?

Une information utile, pas seulement « avez-vous eu le temps de regarder ? ». Cite le devis (objet, date d’envoi, montant TTC), puis apporte quelque chose de neuf : la réponse à une question probable, une variante moins chère, un échéancier d’acompte ou une date de chantier à bloquer. Termine par une question à laquelle le client peut répondre en une ligne.

Combien de fois relancer un client qui ne répond pas au devis ?

Trois relances suffisent, étalées jusqu’à la date d’expiration du devis. Au-delà, tu insistes sans rien apporter. Le lendemain de l’expiration, envoie un message de clôture courtois : tu classes le dossier et tu referas un devis à jour si le projet revient. L’offre est caduque à l’expiration du délai fixé (article 1117 du code civil).

Faut-il baisser le prix pour faire signer un devis ?

Pas sans contrepartie. Une remise accordée face au silence apprend au client que ton premier prix était gonflé, et il en redemandera. Propose plutôt une variante chiffrée qui change un poste (matériau, finition, surface), ou étale l’acompte en deux versements. Le client garde le choix, et ton prix pour le même travail ne bouge pas.