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Acompte sur devis : combien demander, quand, et comment le formuler

Travailler sans acompte, c'est financer le chantier de ton client : tu avances les matériaux, tu bloques ton planning, et tu découvres son sérieux… au moment de la facture finale. L'acompte n'est pas une méfiance, c'est un engagement réciproque - et un client qui rechigne à verser 30 % te dit déjà quelque chose sur la suite. Reste à voir combien demander, quand, et comment le formuler proprement sur le devis.

Combien demander ? Les pourcentages qui marchent

Il n'y a pas de taux légal unique - c'est ton devis qui fait la loi. Les usages qui fonctionnent :

  • 30 % à la signature : le standard pour la plupart des chantiers. Assez pour couvrir tes matériaux, assez raisonnable pour ne faire fuir personne.
  • 40 à 50 % quand les fournitures pèsent lourd (cuisine, menuiseries sur mesure, pompe à chaleur) : tu ne dois jamais sortir de ta poche plus que ce que le client a déjà versé.
  • Paiements d'étape pour les chantiers longs : 30 % à la commande, 40 % à mi-chantier, solde à la réception. Ta trésorerie suit l'avancement, pas l'humeur du client.

Un repère simple : l'acompte doit couvrir tout ce que tu engages avant de commencer (matériaux, location, sous-traitance) plus une marge. Si tu avances 3 000 € de fournitures sur un chantier à 6 000 €, un acompte de 30 % ne suffit pas : monte à 50 %, et explique pourquoi. Un client sérieux comprend.

Un exemple chiffré : la salle de bain à 8 000 €

Rénovation complète d'une salle de bain, devis à 8 000 € TTC (TVA à 10 %, logement achevé depuis plus de 2 ans, condition certifiée par une mention signée sur le devis ou la facture - depuis 2025, cette mention remplace l'ancienne attestation. Le détail des taux est dans notre guide TVA du bâtiment).

  • Acompte de 30 % à la signature : 2 400 € TTC. Tes fournitures (receveur, paroi, meuble vasque, robinetterie) représentent environ 2 000 € : l'acompte les couvre, avec une marge.
  • Le jour où tu encaisses, tu émets une facture d'acompte de 2 400 € (on y revient plus bas).
  • À la réception, ta facture finale reprend les 8 000 €, déduit l'acompte déjà facturé, et affiche un reste à payer de 5 600 € TTC.

Variante pour un chantier plus lourd ou plus long : 30 % à la signature (2 400 €), 40 % au démarrage des travaux (3 200 €), solde de 30 % à la réception (2 400 €). Tu n'es jamais en avance de trésorerie de plus de quelques jours. Pour voir un devis complet chiffré ligne par ligne, regarde notre exemple de devis plomberie.

Acompte ou arrhes : la différence qui change tout

Deux mots qui se ressemblent, deux régimes juridiques opposés :

  • Les arrhes : chacun peut se dédire. Le client qui renonce perd les arrhes ; toi qui renonces, tu les rembourses au double (article L214-1 du code de la consommation pour les contrats avec un particulier ; la règle vient de l'article 1590 du code civil, pour la vente). C'est une porte de sortie payante, pas un engagement ferme.
  • L'acompte : le contrat est conclu, fermement, pour les deux parties. Si le client annule sans motif légitime, tu peux en principe conserver l'acompte à titre d'indemnisation, et réclamer davantage si ton préjudice est supérieur - sous le contrôle du juge en cas de litige. Pour sécuriser ce point, prévois une clause au devis. Mais toi aussi, tu es engagé à réaliser les travaux au prix et dans les conditions du devis.

Le piège à connaître : avec un particulier, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes, sauf mention contraire dans le contrat (article L214-1 du code de la consommation). Si ton devis dit seulement « versement de 30 % à la commande » sans le mot « acompte », ton client peut se dédire en abandonnant la somme - et si c'est toi qui renonces, tu peux devoir rembourser le double. Un seul mot à écrire, noir sur blanc : acompte.

Ce que dit le droit, en pratique

  • L'acompte doit figurer sur le devis : montant ou pourcentage, moment du versement, échéancier s'il y en a un. C'est une des conditions de paiement obligatoires du devis.
  • Pour un chantier signé hors établissement (démarchage à domicile), le client a un droit de rétractation de 14 jours (article L221-18 du code de la consommation), et tu ne peux percevoir aucun paiement - même un chèque que tu n'encaisserais que plus tard - pendant les 7 premiers jours suivant la conclusion du contrat (article L221-10 du code de la consommation, sauf exceptions). Vérifie les règles selon ton cas.
  • Un devis signé avec acompte versé vaut engagement : garde le devis signé, la preuve du versement et la facture d'acompte. En cas de litige, ce trio fait toute la différence.

La facture d'acompte : obligatoire dès que tu encaisses

Beaucoup d'artisans l'ignorent : dès que tu encaisses un acompte, tu dois émettre une facture d'acompte. Pas un reçu, pas un mail de confirmation : une vraie facture, avec son propre numéro dans ta séquence, la référence au devis, le montant HT, le taux et le montant de TVA - toutes les mentions obligatoires d'une facture.

Côté TVA, la règle qui surprend : pour les prestations de services - et donc les travaux - la TVA est en général exigible à l'encaissement. Concrètement, sur ton acompte de 2 400 € TTC à 10 %, tu dois environ 218 € de TVA sur la période où tu reçois l'argent, pas au moment de la facture finale. Si tu déclares ta TVA au réel, intègre tes acomptes encaissés dans la bonne déclaration - ton comptable te remerciera.

À la fin du chantier, la facture de solde reprend le total du marché et déduit le ou les acomptes déjà facturés. Chaque euro versé apparaît une seule fois. Un exemple de facture complet te montre comment tout s'articule.

Auto-entrepreneur en franchise de TVA : plus simple, mais pas sans règles

Si tu es en franchise en base de TVA, tu ne collectes pas de TVA sur l'acompte : tu factures avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » - sur la facture d'acompte comme sur la facture finale. Deux points de vigilance quand même :

  • L'acompte encaissé compte dans ton chiffre d'affaires dès son encaissement. Si tu es proche des seuils de la franchise, un gros acompte encaissé en fin d'année peut te faire basculer : vérifie où tu en es avant d'encaisser.
  • La facture d'acompte reste obligatoire, franchise ou pas. Numérotation séquentielle, mentions légales, référence au devis : mêmes règles pour tous.

Le détail des seuils et des taux est dans notre guide auto-entrepreneur du bâtiment et TVA.

Les formulations prêtes à copier sur ton devis

Le standard (chantier courant) :

Conditions de paiement : acompte de 30 % à la signature du présent devis, soit 2 400 € TTC. Solde à la réception des travaux, payable sous 8 jours. Le chantier est planifié à réception de l'acompte.

La dernière phrase est la plus importante : pas d'acompte, pas de date. Elle transforme le versement en déclencheur naturel, sans avoir à réclamer.

Fournitures lourdes (cuisine, menuiserie sur mesure, PAC) :

Conditions de paiement : acompte de 40 % à la signature du présent devis, soit 3 200 € TTC, couvrant l'approvisionnement des fournitures. Solde à la réception des travaux, payable sous 8 jours. La commande des fournitures est passée à réception de l'acompte.

Chantier long (paiements d'étape) :

Conditions de paiement : acompte de 30 % à la signature (2 400 € TTC), 40 % au démarrage des travaux (3 200 € TTC), solde de 30 % à la réception des travaux (2 400 € TTC), payable sous 8 jours. Chaque échéance fait l'objet d'une facture.

Adapte les montants, garde la mécanique : le mot « acompte », le pourcentage, le montant en euros, le déclencheur.

Que répondre au client qui refuse l'acompte

D'abord, ne le prends pas mal : certains clients se sont fait avoir par un pseudo-artisan parti avec l'avance. C'est de la prudence, pas de la mauvaise foi. Trois réponses qui marchent :

  • Explique à quoi sert l'acompte : « L'acompte couvre les fournitures que je commande spécialement pour votre chantier. Vous ne payez pas mon travail d'avance, vous financez votre matériel. »
  • Rassure avec du concret : un devis détaillé ligne par ligne, ton numéro SIRET, ton assurance décennale avec le numéro de contrat. Un client qui peut tout vérifier verse sans discuter.
  • Propose un aménagement, pas un abandon : acompte versé à la commande des fournitures plutôt qu'à la signature, ou échéancier resserré (20 % à la signature, 30 % au démarrage). Tu bouges le curseur, pas le principe.

La ligne rouge : un client qui refuse tout versement avant le chantier, sur un chantier où tu avances des fournitures, t'annonce la couleur. Mieux vaut le découvrir avant d'avoir commandé le receveur que devant une facture impayée.

Les erreurs à éviter

  • L'acompte oral. « On s'arrange, tu me fais un chèque au démarrage » - et trois semaines plus tard, plus personne ne se souvient du montant. Si l'acompte n'est pas écrit sur le devis signé, il n'existe pas.
  • Écrire « arrhes » (ou ne rien écrire). Sans le mot « acompte », la somme versée par un particulier est présumée être des arrhes : ton client peut se dédire, et toi tu rembourses au double si tu renonces.
  • Oublier la facture d'acompte. Encaisser sans facturer, c'est une irrégularité comptable et fiscale, et un trou dans ta numérotation le jour du contrôle.
  • Démarrer sans avoir encaissé. Un chèque remis n'est pas un chèque encaissé. Attends que l'argent soit sur le compte avant de commander les fournitures.
  • Percevoir un paiement trop tôt après un démarchage à domicile. Pendant les 7 premiers jours suivant la signature, tu ne peux percevoir aucun paiement, même un chèque que tu n'encaisserais que plus tard (article L221-10 du code de la consommation, sauf exceptions).
  • L'acompte disproportionné. Demander 80 % à la signature braque le client et te fragilise juridiquement en cas de litige. Reste dans les usages : 30 à 50 % selon les fournitures, le reste à l'avancement.

Ton devis doit annoncer l'acompte noir sur blanc, sans rien recalculer à la main. Sur Izi-Devis, tu dictes ton devis à la voix, l'assistant chiffre et ajoute les mentions obligatoires - et dès que le devis est accepté, tu génères la facture d'acompte en un clic.

Questions fréquentes

Quel pourcentage d’acompte demander sur un devis ?

Il n’y a pas de taux imposé par la loi : c’est ton devis qui fixe la règle. L’usage : 30 % à la signature pour la plupart des chantiers, 40 à 50 % quand les fournitures pèsent lourd (cuisine, menuiseries sur mesure, pompe à chaleur), et des paiements d’étape pour les chantiers longs. Le repère : l’acompte doit couvrir tout ce que tu engages avant de commencer.

Quelle différence entre acompte et arrhes ?

Les arrhes permettent à chacun de se dédire : le client qui renonce les perd, toi qui renonces les rembourses au double. Pour un contrat entre un professionnel et un particulier, c’est l’article L214-1 du code de la consommation qui pose cette règle (l’article 1590 du code civil en est l’origine, pour la vente). L’acompte engage fermement les deux parties : personne ne peut se rétracter librement. Avec un particulier, les sommes versées d’avance sont présumées être des arrhes sauf mention contraire (même article L214-1) : écris toujours le mot « acompte » sur le devis.

La facture d’acompte est-elle obligatoire ?

Oui. Dès que tu encaisses un acompte, tu dois émettre une facture d’acompte, avec son propre numéro dans ta séquence. Pour les prestations de services, dont les travaux, la TVA est en général exigible à l’encaissement : tu la déclares sur la période où tu reçois l’argent. En franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » figure aussi sur la facture d’acompte.

Un client peut-il récupérer son acompte ?

En principe non : l’acompte engage fermement. Si le client annule sans motif légitime, tu peux en principe conserver l’acompte à titre d’indemnisation, et réclamer davantage si ton préjudice est supérieur - sous le contrôle du juge en cas de litige. Pour sécuriser ce point, prévois une clause au devis. Exception importante : pour un contrat signé hors établissement (démarchage à domicile), le client dispose d’un droit de rétractation de 14 jours (article L221-18 du code de la consommation). Vérifie ton cas avant de percevoir le moindre paiement.