· 8 min de lecture
Auto-entrepreneur dans le bâtiment : diplôme, assurance, charges et ce qu’il te reste

Artisan ? Avec Izi-Devis, tu dictes tes devis et factures, ils partent conformes (TVA, mentions) en quelques minutes. Démarrer mon essai (1er mois offert)
Tu es salarié dans le bâtiment depuis quelques années, ou tu as déjà des clients le week-end, et tu veux te mettre à ton compte en micro-entreprise. Les questions arrivent toutes en même temps : faut-il un diplôme, quelle assurance, combien l'Urssaf va prendre, et finalement, qu'est-ce qui reste à la fin du mois ? Voici les réponses, dans l'ordre où tu vas les rencontrer.
La réponse courte
- Diplôme : un CAP ou un BEP du métier, ou trois ans d'expérience dans ce métier. Sans l'un ni l'autre, il faut travailler sous le contrôle d'une personne qualifiée.
- Assurance : la décennale est obligatoire pour les travaux de construction, avant le premier chantier.
- Impôt : tu es en BIC, pas en BNC.
- Charges : 21,98 % de ce que tu encaisses en pose, en 2026.
- Salaire : il n'y en a pas. Ce qui te reste, c'est ton chiffre d'affaires moins les cotisations, les fournitures et tes frais.
Faut-il un diplôme pour être auto-entrepreneur dans le bâtiment ?
Le statut d'auto-entrepreneur ne demande aucun diplôme. Le métier, si. La loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 (article 16) réserve les travaux de construction, d'entretien et de réparation des bâtiments à une personne qualifiée. Être qualifié, c'est au choix :
- avoir un CAP, un BEP ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur dans le métier exercé ;
- ou justifier de trois années d'expérience professionnelle effective dans ce métier, comme salarié ou comme indépendant (décret n° 98-246 du 2 avril 1998).
Donc oui, on peut se lancer sans diplôme, si tu as tes trois ans. Garde ce qui le prouve : bulletins de salaire, certificats de travail, attestations d'employeur. Ils te seront demandés en cas de contrôle, et souvent par l'assureur décennale au moment de la souscription.
Sans diplôme ni expérience suffisante, l'activité reste possible sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée, par exemple un salarié qui l'est. Dans les faits, c'est rarement le cas d'un auto-entrepreneur qui démarre seul.
Le stage de préparation à l'installation (SPI) n'est plus obligatoire depuis la loi Pacte de 2019. Il reste utile si tu n'as jamais tenu de comptes.
Quelle assurance est obligatoire ?
La décennale, avant le premier chantier
Dès que tu fais des travaux de construction, ou des travaux qui touchent à la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à son usage, l'assurance responsabilité civile décennale est obligatoire (article L241-1 du code des assurances). Maçon, couvreur, plombier, électricien, carreleur, plaquiste : presque tous les métiers du bâtiment sont concernés.
Trois points à retenir :
- elle se souscrit avant d'ouvrir le chantier, pas après le premier devis signé ;
- son attestation est jointe à chacun de tes devis et de tes factures (article L243-2 du code des assurances) ;
- travailler sans elle expose à six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (article L243-3 du code des assurances), sans compter les dommages à payer de ta poche pendant dix ans.
Vérifie aussi que chaque activité que tu factures est bien listée dans ton contrat : un plombier assuré pour la plomberie n'est pas couvert s'il pose un carrelage. Le détail des mentions est dans notre guide assurance décennale et devis.
La RC pro, fortement conseillée
La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés pendant le chantier (un dégât des eaux chez le client, une vitre cassée). Elle n'est pas imposée par la loi à tous les artisans, mais beaucoup de clients et presque toutes les entreprises qui sous-traitent la demandent. Elle est souvent proposée avec la décennale.
BIC ou BNC ?
BIC. Les activités artisanales du bâtiment relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Les BNC concernent les professions libérales (architecte, consultant, formateur), pas la pose.
En micro-BIC, ton impôt ne se calcule pas sur tout ton chiffre d'affaires : l'administration applique d'abord un abattement forfaitaire de 50 % sur les prestations de services (la pose) et de 71 % sur la vente de marchandises. Si ton revenu fiscal le permet, tu peux aussi choisir le versement libératoire : un petit pourcentage prélevé chaque mois avec tes cotisations, et l'impôt est réglé.
Côté immatriculation, tout passe par le guichet unique de l'INPI. Ton activité est inscrite au registre national des entreprises comme activité artisanale. Tu n'as donc pas de Kbis, réservé aux commerçants : tu justifies ton existence avec l'extrait du registre et l'avis de situation Insee. Le code APE est attribué par l'Insee selon l'activité déclarée, par exemple 43.22A pour la plomberie, 43.34Z pour la peinture, 43.99C pour la maçonnerie générale.
Combien de charges ?
En 2026, une activité de pose paie 21,98 % du chiffre d'affaires encaissé :
| Prélèvement | Taux |
|---|---|
| Cotisations sociales (prestations de services BIC) | 21,2 % |
| Contribution à la formation professionnelle | 0,3 % |
| Taxe pour frais de chambre de métiers | 0,48 % |
| Total | 21,98 % |
La taxe de chambre de métiers est différente en Alsace-Moselle. Si tu revends des fournitures, cette part se déclare à part, au taux de 12,3 % de cotisations.
Le piège du bâtiment : ces charges se calculent sur ce que tu encaisses, pas sur ce que tu gagnes. Les matériaux que tu achètes ne se déduisent pas. Un chantier lourd en fournitures se cotise donc aussi sur les fournitures, sauf si tu ventiles bien la part vente et la part pose. Le calculateur de charges micro-entrepreneur fait le calcul avec tes chiffres.
Combien il te reste : le « salaire » de l'auto-entrepreneur
Un auto-entrepreneur ne se verse pas de salaire. Ce qui lui reste, c'est :
chiffre d'affaires encaissé - cotisations - fournitures - frais
Exemple, sur une année :
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Chiffre d'affaires encaissé (pose) | 36 000 € |
| Cotisations et taxes (21,98 %) | - 7 912,80 € |
| Matériaux payés de ta poche | - 9 000 € |
| Reste avant frais et impôt | 19 087,20 € |
Et il reste encore à payer la décennale, le véhicule, le carburant, l'outillage, le téléphone et l'impôt sur le revenu. C'est pour ça qu'un taux horaire « au feeling » finit souvent trop bas : le calculateur de taux horaire part de ce que tu veux garder et remonte au prix à facturer.
Les plafonds à surveiller
Le régime micro tient jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires en prestations de services (203 100 € en vente). Mais la franchise de TVA s'arrête bien avant : à 37 500 € en prestations, avec un seuil majoré à 41 250 € qui la fait sauter dès le jour du dépassement. Tout le détail, et ce qui change sur tes devis le jour de la bascule, est dans auto-entrepreneur du bâtiment : plafond et TVA.
Autre repère : au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires pendant deux années civiles de suite, un compte bancaire dédié à l'activité devient obligatoire.
Tes premiers devis
Dès le premier client, ton devis doit porter tes mentions d'auto-entrepreneur : ton numéro SIREN, la mention « EI » ou « Entrepreneur individuel » après ton nom, l'attestation de ta décennale jointe, et tant que tu es en franchise, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». La liste complète est dans notre guide des mentions obligatoires du devis, et la page devis auto-entrepreneur montre comment les avoir sans y penser. Côté factures, le logiciel de facturation pour artisan reprend les mêmes mentions et transforme le devis signé en facture.
En résumé
Se lancer en auto-entrepreneur dans le bâtiment, c'est trois vérifications avant le premier chantier : ta qualification (diplôme ou trois ans d'expérience), ta décennale, et tes mentions de devis. Ensuite, c'est une habitude : mettre de côté environ 22 % de ce que tu encaisses, suivre ton chiffre d'affaires contre les seuils de TVA, et facturer à un prix qui couvre vraiment tes matériaux et tes frais.